Diabète de type 1, polyarthrite, lupus : quand la tolérance du soi se rompt.
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Les maladies auto-immunes
Module II : Éducation à la santéSéquence 10 : Dysfonctionnement du système immunitaireSéance 55 : Maladies auto-immunes
💡 Idée principale : normalement, le système immunitaire tolère le soi : les lymphocytes dirigés contre nos propres molécules sont éliminés pendant leur maturation. Une maladie auto-immune apparaît quand cette tolérance se rompt : des auto-anticorps ou des LT attaquent un organe ou des tissus de l’organisme.
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Étapes résumées
La tolérance du soi s’acquiert dans le thymus et la moelle (élimination des lymphocytes autoréactifs).
Une maladie auto-immune est due à des auto-anticorps ou à des LT dirigés contre le soi.
On les soigne surtout en freinant l’immunité (corticoïdes, immunosuppresseurs) ou en remplaçant ce qui manque.
Situation problème
Grâce, 14 ans, élève à Bertoua, maigrit beaucoup, boit sans arrêt et urine souvent. On découvre un diabète de type 1 : elle devra s’injecter de l’insuline toute sa vie. Le médecin explique que « ses propres globules blancs ont détruit les cellules de son pancréas ». Sa tante, elle, souffre de douleurs articulaires et d’une rougeur en « ailes de papillon » sur le visage : un lupus.
Consignes :
Relève le point commun entre les maladies de Grâce et de sa tante.
Pourquoi le système immunitaire n’attaque-t-il pas normalement nos propres cellules ?
Comment soigne-t-on ce type de maladie ?
le problèmeles microbesles défenses
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Compétence visée
Lutter contre les dysfonctionnements du système immunitaire en connaissant les maladies auto-immunes et leur prise en charge.
Objectifs de la leçon
Expliquer l’acquisition de la tolérance du soi.
Définir une maladie auto-immune et en citer des exemples.
Indiquer les causes probables et les principes du traitement.
La tolérance du soi
Activité 1 : l’éducation des lymphocytes T dans le thymus
Les LT immatures arrivent de la moelle osseuse dans le thymus, où des cellules leur présentent les molécules du soi. Le document 1 montre leur devenir.
Document 1 : la sélection des lymphocytes T dans le thymus.
Quels LT sont éliminés dans le thymus ?
Quelle propriété ont les LT qui en sortent ?
Ce qu’il faut comprendre : dans le thymus, les LT qui ne reconnaissent pas le CMH du soi meurent (sélection positive) ; ceux qui réagissent trop fortement à un peptide du soi sont éliminés par apoptose (sélection négative). Seuls sortent des LT capables de reconnaître le CMH mais tolérants au soi. Les LB subissent une sélection comparable dans la moelle osseuse.
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Les maladies auto-immunes
1. Maladie auto-immune
Maladie due à une réaction immunitaire dirigée contre des constituants du soi, par des auto-anticorps ou des lymphocytes T autoréactifs. Elle peut toucher un seul organe (spécifique d’organe) ou plusieurs (systémique).
Exemple : diabète de type 1 (pancréas) ; lupus (peau, reins, articulations, sang).
2. Quelques maladies auto-immunes
Maladie
Cible de l’attaque
Conséquence
Diabète de type 1
cellules β des îlots de Langerhans (LT)
plus d’insuline ➜ hyperglycémie
Maladie de Basedow
récepteur de la TSH (auto-anticorps stimulants)
hyperthyroïdie, goitre, yeux exorbités
Myasthénie
récepteurs à l’acétylcholine de la plaque motrice
faiblesse musculaire, paupières tombantes
Polyarthrite rhumatoïde
membrane des articulations
articulations gonflées, déformées
Sclérose en plaques
gaine de myéline des neurones
troubles de la vision, de la marche
Lupus érythémateux
ADN et noyaux des cellules (auto-anticorps)
atteinte de la peau, des reins, des articulations
les défenses du corpsla glycémiela cellule
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Points communs
Évolution chronique, par poussées.
Plus fréquentes chez les femmes (rôle des hormones).
Diagnostic par la recherche d’auto-anticorps dans le sang.
Les causes probables
Activité 2 : le mimétisme moléculaire
Après une angine à streptocoque mal soignée, certains enfants développent un rhumatisme articulaire aigu, avec des lésions des valves du cœur. Le document 2 en propose une explication.
Document 2 : un antigène du microbe ressemble à une molécule du cœur.
Pourquoi les anticorps anti-streptocoque attaquent-ils le cœur ?
Quelle mesure simple permet d’éviter cette maladie ?
Ce qu’il faut comprendre : une protéine du streptocoque ressemble à une protéine des valves cardiaques et des articulations : les anticorps et LT produits contre le microbe reconnaissent aussi ces tissus. C’est le mimétisme moléculaire. Soigner correctement les angines (antibiotiques prescrits et pris jusqu’au bout) évite ces cardiopathies rhumatismales, encore fréquentes chez les jeunes Camerounais.
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Facteurs favorisants
Génétiques
Certains gènes HLA augmentent le risque ; il existe des cas familiaux.
Infections
Mimétisme moléculaire ou lésion qui libère des molécules « cachées » du soi.
Hormonaux
Les œstrogènes favorisent ces maladies : 3 à 9 fois plus de femmes atteintes.
Environnement
Certains médicaments, le tabac, le stress, les rayons UV (lupus).
Traitements : immunosuppresseurs, corticoïdes, et remplacement de la fonction perdue (insuline…).
je retiensle lymphocytela carte d’identité
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Vocabulaire à connaître
Tolérance du soiabsence de réaction immunitaire contre ses propres molécules.Auto-anticorpsanticorps dirigé contre une molécule du soi.Sélection négativeélimination des lymphocytes qui réagissent contre le soi.Mimétisme moléculaireressemblance entre un antigène du microbe et une molécule du soi.Immunosuppresseurmédicament qui diminue l’activité du système immunitaire.
Je m’évalue
1. Où les LT apprennent-ils à tolérer le soi ?
2. Quelles cellules sont détruites dans le diabète de type 1 ?
3. Qu’est-ce que le mimétisme moléculaire ?
4. Pourquoi les immunosuppresseurs augmentent-ils le risque d’infection ?
Réponses : dans le thymus · les cellules β des îlots de Langerhans · antigène du microbe semblable à une molécule du soi · ils affaiblissent toute la défense immunitaire. Le corrigé détaillé et d’autres exercices de ce chapitre sont dans les exercices corrigés.
je réfléchisle cortexles anticorps
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Erreurs fréquentes
Confondre maladie auto-immune (attaque du soi) et immunodéficience (défense affaiblie, comme le sida).
Croire que toutes les maladies auto-immunes sont héréditaires : les gènes ne font qu’augmenter le risque.
Penser que le diabète de type 1 est dû à l’excès de sucre : c’est une destruction auto-immune.
Méthode
Pour identifier une maladie auto-immune dans un document : cherche la présence d’auto-anticorps ou de lymphocytes infiltrant un organe sain, et l’absence de microbe responsable. Indique ensuite la cible, puis la conséquence fonctionnelle.
Activité d’intégration
Mme Bilong, 32 ans, de Kribi, se plaint de fatigue musculaire : ses paupières tombent le soir et elle a du mal à mâcher. Son bilan révèle des anticorps dirigés contre les récepteurs à l’acétylcholine de ses muscles. Sa sœur a, elle, un goitre avec des anticorps qui stimulent sa thyroïde.
Nomme la maladie de Mme Bilong et explique la faiblesse musculaire.
Montre que les deux sœurs souffrent du même type de maladie.
Propose les principes de traitement et deux conseils d’hygiène de vie.