Greffes, transfusions, groupes sanguins : chaque cellule porte une « carte d’identité » moléculaire.
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Le soi
Module II : L’éducation à la santéSéquence 7 : Le soi et le non-soiSéance 42 : Le soi
💡 Idée principale : le soi est l’ensemble des molécules propres à un individu, fabriquées d’après ses gènes. Certaines, à la surface des cellules, servent de marqueurs d’identité : les marqueurs majeurs du CMH (HLA chez l’Homme) et les marqueurs mineurs des groupes sanguins ABO et Rhésus. Le système immunitaire tolère le soi.
Étapes résumées
Une greffe réussit entre individus de même identité (autogreffe, vrais jumeaux) ; sinon le greffon est rejeté.
Les marqueurs majeurs du soi sont les glycoprotéines du CMH, codées par des gènes du chromosome 6.
Les hématies portent des marqueurs mineurs : antigènes A, B (système ABO) et antigène D (Rhésus).
Le soi = molécules intracellulaires, extracellulaires et membranaires issues du génome de l’individu.
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Situation problème
À l’hôpital Laquintinie de Douala, M. Ekambi doit recevoir un rein. Ses deux frères se proposent, mais le médecin fait d’abord des « analyses de compatibilité tissulaire ». Le même jour, sa nièce Ange, accidentée, attend une transfusion : l’infirmière vérifie soigneusement que son groupe sanguin est « O Rhésus négatif » avant de choisir la poche de sang.
Consignes :
Relève les deux problèmes médicaux posés dans ce texte.
Pourquoi ne peut-on pas greffer n’importe quel rein à M. Ekambi ?
Que risquerait Ange si on lui transfusait un sang non compatible ?
Compétence visée
Sensibiliser sur l’importance de la compatibilité des tissus et du sang lors des greffes, des dons d’organes et des transfusions.
Objectifs de la leçon
Interpréter des résultats de greffes pour mettre en évidence l’identité biologique.
Identifier les marqueurs majeurs (CMH) et mineurs (ABO, Rhésus) du soi.
Définir le soi.
le problèmel’objectifle groupe sanguin
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Les greffes révèlent une identité biologique
Activité 1 : résultats de greffes de peau chez le lapin
On greffe un fragment de peau d’un lapin donneur sur le dos d’un lapin receveur A, puis on observe le greffon pendant douze jours (document 1).
Document 1 : évolution du greffon selon l’origine du donneur.
Dans quels cas le greffon est-il accepté ? Dans quels cas est-il rejeté ?
Que peut-on supposer sur les cellules du donneur et du receveur dans chaque cas ?
Ce qu’il faut comprendre : le greffon est accepté quand donneur et receveur sont le même individu (autogreffe) ou des vrais jumeaux (isogreffe) : leurs cellules portent les mêmes marqueurs. Il est rejeté entre individus différents (allogreffe) et encore plus vite entre espèces (xénogreffe) : l’organisme receveur reconnaît les cellules du greffon comme étrangères et les détruit.
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Ce qu’on observe lors d’un rejet d’allogreffe
1
Jours 1 à 3
Le greffon est pâle puis rosé : des vaisseaux sanguins commencent à le relier au receveur.
2
Jours 6 à 8
Il devient brunâtre ; un gonflement (œdème) et une inflammation apparaissent autour.
3
Jours 10 à 12
Des globules blancs envahissent le greffon, qui se dessèche et tombe : c’est le rejet.
1. Conclusion
La réussite d’une greffe dépend de la compatibilité entre donneur et receveur. Il existe donc, à la surface des cellules, des molécules qui marquent l’identité biologique de chaque individu : ce sont les marqueurs du soi.
Exemple : pour une greffe de rein au Cameroun, on cherche d’abord un donneur dans la famille proche, car les frères et sœurs ont plus de chances de partager les mêmes marqueurs.
la bouturela carte d’identitéle sang
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Les marqueurs majeurs du soi : le CMH
2. Le CMH (complexe majeur d’histocompatibilité)
ensemble de gènes situés sur la paire de chromosomes n° 6 chez l’Homme, qui codent des glycoprotéines membranaires appelées antigènes HLA (Human Leucocyte Antigens). Ces molécules sont la véritable « carte d’identité » des cellules.
Exemple : on les appelle « antigènes » car, greffées chez un autre individu, elles déclenchent une réaction de défense.
3. Les deux classes de molécules du CMH
Classe
Gènes
Où les trouve-t-on ?
Classe I
HLA-A, HLA-B, HLA-C
sur toutes les cellules nucléées (pas sur les hématies)
Classe II
HLA-DP, HLA-DQ, HLA-DR
surtout sur certains globules blancs (macrophages, lymphocytes B)
4. Pourquoi chaque personne est presque unique
Chaque gène du CMH existe sous de très nombreuses versions (allèles) : on dit qu’il est très polymorphe. Les allèles sont codominants : une personne exprime à la fois les allèles reçus de son père et de sa mère. Deux individus non apparentés ont donc très peu de chances d’avoir exactement le même CMH ; seuls les vrais jumeaux ont un CMH identique.
l’ADNles globules blancsles défenses
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Application : le don d’organes
Avant une greffe, on compare les antigènes HLA du donneur et du receveur (« typage HLA »).
Entre frères et sœurs, la probabilité d’avoir le même CMH est d’environ 1 sur 4.
Même compatible, le receveur prend souvent des médicaments immunosuppresseurs pour éviter le rejet.
Les marqueurs mineurs : les groupes sanguins
Activité 2 : détermination des groupes sanguins (TP)
Au laboratoire du lycée, on dépose une goutte de sang de quatre élèves dans trois sérums tests. Un « + » signifie que les hématies s’agglutinent (forment des grumeaux).
Sérum test
Paul
Awa
Bello
Ngo
Anti-A
+
−
+
−
Anti-B
−
+
+
−
Anti-D (Rhésus)
+
+
−
+
Document 2 : résultats du test d’agglutination sur plaque.
Déduis le groupe sanguin ABO et le Rhésus de chaque élève.
Pourquoi les hématies de Paul s’agglutinent-elles dans le sérum anti-A ?
Ce qu’il faut comprendre : l’agglutination prouve la présence de l’antigène correspondant à la surface des hématies : Paul est A Rh+, Awa B Rh+, Bello AB Rh−, Ngo O Rh+. Les anticorps du sérum (agglutinines) se fixent spécifiquement sur ces antigènes et relient les hématies entre elles.
les groupes sanguinsles hématiesl’anticorps
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5. Le système ABO : marqueurs des hématies et anticorps du plasma
Document 3 : chaque groupe porte ses marqueurs et possède naturellement les anticorps contre les marqueurs absents.
6. Nature des marqueurs ABO
Ce sont des glycoprotéines de la membrane des hématies : une protéine porte une chaîne de sucres dont le dernier sucre diffère d’un groupe à l’autre. Le plasma contient, dès la naissance, les anticorps (anti-A, anti-B) dirigés contre les marqueurs que l’on ne possède pas.
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Exemple guidé : une transfusion est-elle possible ?
Bello (AB Rh−) a perdu beaucoup de sang. Peut-on lui transfuser le sang de Paul (A Rh+) ?
Solution : Système ABO : le plasma de Bello ne contient ni anti-A ni anti-B ; les hématies A de Paul ne seront pas agglutinées. Système Rhésus : Bello est Rh− ; les hématies Rh+ de Paul portent l’antigène D, étranger pour lui. Bello fabriquerait des anticorps anti-D : une 2e transfusion Rh+ provoquerait une agglutination grave. Conclusion : on choisit plutôt du sang Rh− (O−, A−, B− ou AB−).
Le facteur Rhésus
Rhésus positif (Rh+)
Les hématies portent l’antigène D. C’est le cas d’environ 85 % des personnes dans le monde.
≠
Rhésus négatif (Rh−)
Pas d’antigène D. Le plasma n’a pas d’anti-D au départ, mais peut en fabriquer après contact avec du sang Rh+.
les anticorpsle cœurles outils
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Mère Rh− et bébé Rh+
Au premier accouchement, des hématies Rh+ du bébé passent dans le sang de la mère, qui fabrique des anti-D.
Lors d’une 2e grossesse Rh+, ces anticorps traversent le placenta et détruisent les hématies du fœtus.
On prévient ce risque par une injection de sérum anti-D à la mère juste après le premier accouchement.
Définition du soi
7. Le soi
ensemble des molécules propres à un individu, résultant de l’expression de son génome, et que son système immunitaire tolère normalement.
Où se trouvent les molécules du soi ?
Dans les cellules
Molécules intracellulaires : enzymes du cytoplasme, protéines du noyau…
Hors des cellules
Molécules extracellulaires : hormones, protéines du plasma (albumine…).
Sur la membrane
Marqueurs majeurs (CMH) et marqueurs mineurs (ABO, Rhésus…).
Quand le soi est attaqué
Dans les maladies auto-immunes, le système immunitaire s’attaque par erreur au soi.
la cellulela grossessele cortex
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Bons gestes citoyens
Connaître son groupe sanguin et son Rhésus (carte de groupe sanguin).
Donner son sang dans un centre agréé : une poche peut sauver jusqu’à trois vies.
N’accepter que des transfusions contrôlées (groupe, Rhésus, dépistage des infections).
Trace écrite : ce que je retiens
À retenir
Une greffe n’est acceptée que si donneur et receveur ont la même identité biologique.
Les marqueurs majeurs du soi sont les glycoprotéines du CMH (HLA), codées sur le chromosome 6.
Les marqueurs mineurs du soi comprennent les antigènes des groupes sanguins ABO et Rhésus.
Le plasma possède les anticorps dirigés contre les antigènes ABO absents des hématies.
Le soi est l’ensemble des molécules issues du génome d’un individu et tolérées par son système immunitaire.
je retiensle travail d’équipeles défenses du corps
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Vocabulaire à connaître
Soiensemble des molécules propres à un individu.CMHgènes et glycoprotéines membranaires de l’identité tissulaire (HLA).Allogreffegreffe entre deux individus différents de même espèce.Agglutinationregroupement d’hématies par des anticorps.Polymorphequi existe sous de nombreuses formes (allèles).
Je m’évalue
1. Pourquoi une isogreffe réussit-elle ?
2. Sur quel chromosome se trouvent les gènes du CMH chez l’Homme ?
3. Quels anticorps trouve-t-on dans le plasma d’une personne du groupe O ?
4. Les hématies portent-elles des molécules du CMH de classe I ?
Réponses : donneur et receveur ont le même CMH · le chromosome 6 · anti-A et anti-B · non : elles n’ont pas de noyau. Le corrigé détaillé et d’autres exercices de ce chapitre sont dans les exercices corrigés.
je réfléchisles chromosomesla couche d’ozone
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Erreurs fréquentes
Confondre antigène (marqueur sur la cellule) et anticorps (molécule du plasma qui le reconnaît).
Croire que le groupe O « n’a rien » : ses hématies n’ont pas de marqueur A ni B, mais son plasma contient anti-A et anti-B.
Oublier le Rhésus lors d’une transfusion ou d’une grossesse.
Méthode
Pour lire un test de groupage : une agglutination avec un sérum anti-X signifie que les hématies portent l’antigène X. Fais un tableau, coche les « + », puis déduis le groupe (A, B, AB ou O) et le Rhésus (anti-D).
Activité d’intégration
Au village de Bangangté, Mme Tchoupo, groupe O Rh−, attend son deuxième enfant. Son premier bébé était Rh+ et elle n’a reçu aucune injection après l’accouchement. Son frère, groupe A Rh+, veut donner son sang pour elle en cas d’hémorragie.
Explique le danger qui menace le deuxième bébé s’il est Rh+.
Le sang du frère est-il compatible avec celui de Mme Tchoupo ? Justifie avec les systèmes ABO et Rhésus.
Propose deux conseils pour les futures mamans de son quartier.