Le soleil venait à peine de paraître lorsque les voyageurs quittèrent la ville. Les rues étaient encore silencieuses, et l’air frais du matin donnait à chacun un nouveau courage. Les maisons semblaient dormir tandis que les premiers passants saluaient d’un signe de tête ceux qui prenaient la route. Les chevaux avançaient d’un pas régulier, sans hâte, comme s’ils connaissaient déjà le long chemin qui les attendait. Les arbres bordaient la chaussée, et leurs feuilles frémissaient doucement sous une légère brise. De temps à autre, un oiseau traversait le ciel dans un battement d’ailes rapide, puis disparaissait derrière les collines. Personne ne parlait beaucoup ; chacun observait le paysage avec attention, laissant son esprit s’emplir de cette tranquillité matinale qui précède les grandes aventures.
Référence : Jules Verne, Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873), œuvre du domaine public.