Mathématiciens, de l’Antiquité à nos jours

Découvre les mathématiciens qui ont marqué l’histoire des mathématiques à travers les époques.
Retrouve des présentations claires et accessibles de leurs parcours et des domaines sur lesquels ils ont travaillé.

Chaque fiche aide à mieux comprendre l’origine des notions étudiées en classe et à enrichir ta culture mathématique, du collège au lycée.

Mathématicien de l'Antiquité

Découvre les bases essentielles des mathématiques en 6e : calculs, fractions, géométrie et problèmes simples.

Considéré comme le premier philosophe et scientifique de la civilisation occidentale, il est également à l’origine du plus ancien théorème de géométrie portant le nom d’un individu (le théorème de Thalès sur les triangles semblables) . Thalès a initié les premiers développements formalisés en géométrie, notamment sur les triangles rectangles et la notion de proportionnalité en géométrie .

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Mathématicien et philosophe, fondateur d’une école influente, il est surtout connu pour le théorème de Pythagore liant les longueurs des côtés d’un triangle rectangle . Son école a contribué à l’expansion de l’étude des nombres (nombres figurés, propriétés mystiques des nombres) et de la géométrie. Pythagore et ses disciples ont également été parmi les premiers à étudier les rapports musicaux en termes mathématiques .

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Connu comme le « père de la géométrie », Euclide est l’auteur des Éléments, un traité en 13 livres qui a systématisé l’ensemble des connaissances en géométrie de son époque . Son œuvre présente les définitions, axiomes et démonstrations qui ont formé la base de la géométrie euclidienne pendant plus de 2000 ans . Euclide a notamment démontré des théorèmes majeurs (comme l’infinitude des nombres premiers) et établi un cadre déductif encore enseigné de nos jours .

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Mathématicien, physicien et ingénieur de génie, il est généralement considéré comme le plus grand mathématicien de l’Antiquité . Archimède a découvert des méthodes préfigurant le calcul infinitésimal (méthode d’exhaustion) pour le calcul des aires et des volumes, obtenu une approximation remarquable de π , et formulé des résultats en mécanique (principe d’Archimède) et en géométrie analytique des sections coniques. Il est également célèbre pour l’anecdote d’« Eurêka » sur la mesure du volume d’un objet par déplacement d’eau.

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Mathématicienne et philosophe néoplatonicienne, elle est la première femme mathématicienne bien documentée par l’Histoire. Hypatie dirigea l’école néoplatonicienne d’Alexandrie, enseigna l’algèbre et l’astronomie, et écrivit des commentaires sur des ouvrages mathématiques et astronomiques classiques . Elle
perfectionna notamment l’astrolabe et le planisphère pour l’astronomie. Sa mort tragique, assassinée par des fanatiques religieux, marqua la fin de l’âge d’or intellectuel d’Alexandrie.

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Mathématicien du Moyen Âge

Approfondis tes connaissances avec le programme complet de mathématiques en 5e.
Nombres relatifs, angles, symétrie, proportionnalité : chaque cours est structuré pour renforcer les acquis et gagner en méthode.

Premier grand mathématicien-astronome de l’Inde classique, il a introduit les bases de la trigonométrie moderne (définitions des sinus, cosinus, etc.) et calculé
des tables trigonométriques précises . Aryabhata a donné une approximation très juste de π et a même compris que π est irrationnel . Il a proposé des méthodes de résolution des équations quadratiques et décrit la rotation de la Terre sur son axe.

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Mathématicien indien célèbre pour avoir formulé les règles de
calcul avec le zéro et les nombres négatifs . Dans son ouvrage Brāhmasphuṭasiddhānta, il définit le zéro comme nombre à part entière et établit des opérations arithmétiques le
concernant (addition, soustraction, multiplication) . Il donne également des formules de solutions d’équations quadratiques (y compris avec racines négatives) et étudie des suites, préfigurant les progrès ultérieurs en algèbre.

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Savant de l’âge d’or islamique à Bagdad, il est souvent appelé le père de l’algèbre. Son traité Al-Jabr wa-l Muqabala a posé les bases de l’algèbre moderne en exposant des méthodes systématiques de résolution d’équations linéaires et quadratiques . Il a également joué un rôle clé dans la diffusion du système de numération décimal à chiffres indo-arabes en Occident . Le mot « algorithme » dérive de la latinisation de son nom (Al-Khwarizmi en Algoritmi).

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Mathématicien, astronome et poète persan, il a contribué
à l’algèbre en classifiant les équations cubiques et en cherchant leurs solutions géométriques. Il a généralisé les méthodes indiennes d’extraction des racines carrées et cubiques aux racines quatrièmes, cinquièmes, etc. . Omar Khayyam a également participé à la réforme du calendrier persan et ses travaux ont préparé le terrain pour l’étude des équations polynomiales de degré supérieur.

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Considéré comme l’un des premiers grands
mathématiciens médiévaux d’Europe, il a introduit le système de numération indo-arabe en Europe dans son Liber Abaci (1202) . Ce livre diffuse l’usage du zéro et de la notation
positionnelle, supplantant progressivement les chiffres romains. Fibonacci est aussi connu pour la suite de Fibonacci décrivant une progression récurrente (1, 1, 2, 3, 5, 8, …), apparue dans un problème de population de lapins . Il a également étudié l’algèbre et la théorie des nombres (identité de Fibonacci sur la somme de deux carrés).

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Renaissance et 17 ème siècle

Renaissance et XVIIᵉ siècle : les mathématiques connaissent un essor spectaculaire en Europe grâce au retour aux textes antiques et à l’observation scientifique.

Mathématicien et médecin de la Renaissance, il publia pour la première fois les solutions générales des équations cubiques et biquadratiques (quartiques) dans son ouvrage Ars Magna en 1545. Ces solutions avaient été en partie
découvertes par Tartaglia et Ferrari, mais Cardano les diffusa largement. Il reconnut aussi l’existence des nombres imaginaires (basés sur √-1) dans le contexte des solutions formelles des équations.

Mathématicien qui a inventé les logarithmes naturels, facilitant grandement les calculs à une époque sans calculatrices. Il popularisa également l’utilisation du point décimal pour séparer les parties entière et fractionnaire des nombres. Napier est l’inventeur des « bâtons de Napier », un outil de calcul permettant d’effectuer des multiplications et divisions par manipulation mécanique, préfigurant les règles à calcul.

Philosophe et mathématicien, il est le fondateur de la géométrie analytique, qui réunit l’algèbre et la géométrie en introduisant un système de coordonnées pour représenter les courbes . Le plan cartésien (coordonnées x-y) et la notion d’axes lui sont attribués, de même que l’usage moderne des notations en exposant pour les puissances (comme $x^2$) . Ses travaux ont ouvert la voie au calcul différentiel en permettant de décrire algébriquement les courbes géométriques.

Juriste de profession et génial mathématicien
amateur, Fermat a grandement fait avancer la théorie des nombres. Il est connu pour ses
théorèmes et conjectures, notamment le petit théorème de Fermat, le théorème des deux carrés et surtout sa célèbre dernière conjecture écrite en marge d’un livre en 1637 . Il a également co-fondé le calcul des probabilités avec Pascal et étudié la géométrie analytique et les maxima/ minima des fonctions. Fermat est considéré comme l’un des précurseurs du calcul différentie

Mathématicien, physicien et philosophe, il a co-fondé avec
Fermat les bases de la théorie des probabilités en correspondance autour du problème des partis (1654) . Pascal est également célèbre pour l’Hexagone mystique en géométrie projective et pour la pyramide arithmétique qui porte son nom (Triangle de Pascal), donnant les
coefficients du binôme . Par ailleurs, il inventa l’une des premières machines à calculer (la Pascaline) et contribua en physique (loi de Pascal en hydrostatique).

 Figure centrale de la révolution scientifique, Newton est
co-inventeur du calcul infinitésimal (qu’il appelait méthode des fluxions) et auteur des Principia Mathematica (1687) qui posent les lois fondamentales de la mécanique classique . En mathématiques pures, il a généralisé le binôme de Newton aux exposants non entiers, étudié les séries infinies et apporté des méthodes de résolution des équations polynomiales. Newton est souvent considéré comme l’un des plus grands scientifiques de tous les temps

Philosophe et mathématicien universel, il est l’autre co-inventeur du calcul différentiel et intégral (publié en 1684, indépendamment de Newton) . Leibniz a introduit les notations $dx, \int$… utilisées encore aujourd’hui, rendant le calcul infinitésimal plus accessible . Il a également conçu une machine à calculer fonctionnant en partie en système binaire, préfigurant l’ordinateur . Par ses travaux en logique et en
philosophie, Leibniz fut l’un des derniers esprits universels de son époque, laissant une empreinte durable en mathématiques et en métaphysique

18 ème et 19 ème siècles

XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles : les mathématiciens structurent les disciplines avec rigueur et formalisent l’analyse, l’algèbre et la géométrie moderne. Leurs travaux accompagnent les progrès scientifiques et techniques de l’âge classique et de la révolution industrielle.

Mathématicien le plus prolifique de l’histoire, auteur de centaines d’articles, Euler a apporté des contributions majeures dans presque tous les domaines des mathématiques . Il a fait avancer la géométrie, l’algèbre, la théorie des nombres (e.g.
fonction $\varphi$ d’Euler), le calcul infinitésimal, la trigonométrie analytique, la théorie des graphes, etc. On lui doit l’introduction de nombreuses notations modernes (telles $f(x)$, $e$ pour la base des logarithmes, $i$ pour $\sqrt{-1}$, la lettre $\pi$ pour la constante 3.14…, etc.) et des formules remarquables comme l’identité d’Euler $e^{i\pi}+1=0$ . Euler est considéré comme l’un des plus grands mathématiciens de l’histoire

Né à Turin et plus tard académicien en
France, Lagrange a grandement fait progresser la mécanique analytique et le calcul des
variations. Son œuvre Mécanique analytique (1788) reformule toute la mécanique newtonienne via les équations de Lagrange. Il a aussi apporté des résultats profonds en théorie des nombres (théorème de Lagrange sur la décomposition des entiers en quatre carrés) et en algèbre (théorie des groupes finis naissante) . Lagrange a développé la notion de fonctions Lagrangiennes et a laissé son nom aux points de Lagrange en astronomie

Mathématicien et astronome, Laplace a étendu la mécanique céleste newtonienne en introduisant le potentiel gravitationnel et en démontrant la stabilité du système solaire à long terme. Il est co-auteur de l’équation de Laplace en analyse et a développé l’interprétation bayésienne de la probabilité . Son Essai philosophique sur les
probabilités formalisa la statistique probabiliste. Laplace formula l’hypothèse de l’existence des trous noirs et croyait en un déterminisme scientifique strict (démon de Laplace).

 Surnommé « le Prince des mathématiciens », il est considéré comme l’un des plus grands mathématiciens de tous les temps . Gauss a fait des découvertes fondamentales en théorie des nombres (théorème fondamental de l’arithmétique,
loi de réciprocité quadratique), en géométrie (polygones constructibles, géométrie non euclidienne), en analyse (méthode des moindres carrés, distribution normale dite courbe de Gauss) et en astronomie . Il a démontré à 19 ans le théorème fondamental de l’algèbre et apporté des méthodes de calcul encore utilisées (algorithme de Gauss pour les systèmes linéaires). Son œuvre a influencé toutes les branches des mathématiques au XIX^e siècle.

Pionnier de l’analyse moderne, il a rigorisé le
calcul infinitésimal en formulant de façon claire les notions de limite, continuité, convergence et intégrales impropres. Cauchy a démontré de nombreux théorèmes en analyse complexe et en algèbre. Il laisse son nom à 16 concepts mathématiques, dont le critère de Cauchy pour la convergence et le théorème intégral de Cauchy en analyse complexe . Par son exigence de rigueur, il est l’un des fondateurs de l’analyse telle qu’on la pratique aujourd’hui.

Mort tragiquement à 20 ans, Galois a jeté les bases de la
théorie des groupes et de l’algèbre moderne. Dans ses écrits posthumes, il a développé des critères pour déterminer quand une équation polynomiale est résoluble par radicaux, fondant ainsi la théorie de Galois . Il a introduit la notion de groupe de permutations relié à une équation, ce qui a permis de comprendre pourquoi les équations de degré supérieur à 4 n’admettent pas de formule générale de solution. Considéré comme un génie incompris de son vivant, Galois est aujourd’hui reconnu pour avoir inauguré l’algèbre abstraite moderne.

Élève de Gauss, Riemann est à l’origine de la
géométrie différentielle moderne (variétés riemanniennes courbées) et a profondément
influencé la physique et les mathématiques ultérieures. Il a introduit la notion de surface de Riemann en analyse complexe, unifiant ainsi géométrie et théorie des fonctions . En 1859, il publie un article sur la distribution des nombres premiers qui contient l’hypothèse de Riemann – conjecture sur la fonction zêta, toujours non résolue – considérée comme l’un des problèmes les plus célèbres des mathématiques . Ses travaux en géométrie non euclidienne ont préparé le terrain de la relativité générale. Riemann est ainsi “l’un des plus grands mathématiciens de tous les temps”

Créateur de la théorie des ensembles, Cantor a
révolutionné la compréhension de l’infini en mathématiques . Il a démontré que tous les
infinis ne sont pas équivalents en taille : par exemple, l’ensemble des nombres réels est non dénombrable, donc strictement plus grand que l’infini des entiers . Il a développé la notion de nombres transfinis et prouvé le théorème de Cantor (l’ensemble des parties d’un ensemble infini a une cardinalité supérieure à celui-ci). Bien que ses idées aient suscité l’opposition de certains contemporains, elles ont posé les bases de la théorie des ensembles moderne et de toute la mathématique du XX^e siècle.

Souvent décrit comme “le dernier universaliste” ,
Poincaré a travaillé dans tous les domaines majeurs de la fin du XIX^e siècle. Il est co-fondateur de la topologie algébrique (analyse situs) et a proposé la conjecture de Poincaré en 1904, qui restera l’un des grands problèmes ouverts jusqu’à sa résolution en 2003 . En dynamique, il a résolu partiellement le problème des trois corps et découvert les fondements de la théorie du chaos déterministe (systèmes dynamiques non prévisibles) . Poincaré a aussi fait des contributions en théorie des nombres, en optique et en relativité restreinte (transformations de Lorentz). Il est considéré comme l’un des plus grands mathématiciens de tous les temps.

20 ème et 21 ème siècles

XXᵉ et XXIᵉ siècles : les mathématiciens explorent des domaines abstraits comme la logique, les structures et les probabilités. Leurs travaux soutiennent l’informatique, les sciences des données et les technologies modernes.

 Figure dominante du début du XX^e siècle, Hilbert a contribué à presque tous les domaines des maths et prôné une formalisation rigoureuse de la
discipline . En 1900, il publie une célèbre liste de 23 problèmes ouverts qui orienteront la
recherche mathématique du siècle suivant (par ex. l’hypothèse de Riemann, le 8^e problème). On lui doit des travaux fondateurs en théorie des invariants, en géométrie (axiomes de Hilbert), en analyse fonctionnelle (espace de Hilbert) et en logique (notamment la question de la décidabilité, Entscheidungsproblem). Hilbert fut l’un des mathématiciens les plus influents de son temps , formant de nombreux élèves de premier plan à Göttingen.

Autodidacte de génie, Ramanujan a compilé des milliers d’identités et de résultats originaux en théorie des nombres . Malgré des bases
formelles limitées, il a produit des contributions extraordinaires sur les nombres premiers, la fonction partition $p(n)$ (et son asymptotique), les fractions continues, les séries hypergéométriques et les fonctions thêta. Invité en Europe par G.H. Hardy, il fut élu Fellow de la Royal Society. Il a laissé plus de 3000 théorèmes, dont beaucoup étaient inédits ou redémontrés de façon indépendante, ce qui a valu à Hardy de dire : « Ramanujan était un mathématicien de tout premier ordre, comparable à Euler ou Jacobi »

 L’une des rares femmes mathématiciennes de son
époque, elle est souvent décrite comme la plus influente d’entre elles . Noether a fondé
l’algèbre abstraite moderne en développant la théorie des anneaux, corps et idéaux. Ses
travaux ont abouti à la classification des anneaux commutatifs (anneaux noethériens). En physique, son théorème de Noether (1915) établit le lien fondamental entre les symétries et les lois de conservation, résultat pivot de la théorie moderne des champs . Malgré les obstacles dus à son genre, elle enseigna à Göttingen et forma de nombreux disciples, laissant une empreinte indélébile en mathématiques.

Considéré comme le père de l’informatique, Turing était logicien et mathématicien. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a joué un rôle décisif dans le
déchiffrement du code Enigma utilisé par l’armée allemande . Il a défini la notion abstraite de machine de Turing, modèle théorique du calcul automatisé, jetant les bases de l’ordinateur programmable universel . Il a également proposé le test de Turing pour évaluer l’intelligence artificielle. Ses contributions en logique mathématique (décidabilité, calculabilité) et en cryptographie ont été fondamentales, bien que sa carrière ait été brisée par des persécutions en raison de son homosexualité.

Considéré comme l’un des premiers grands
mathématiciens médiévaux d’Europe, il a introduit le système de numération indo-arabe en Europe dans son Liber Abaci (1202) . Ce livre diffuse l’usage du zéro et de la notation
positionnelle, supplantant progressivement les chiffres romains. Fibonacci est aussi connu pour la suite de Fibonacci décrivant une progression récurrente (1, 1, 2, 3, 5, 8, …), apparue dans un problème de population de lapins . Il a également étudié l’algèbre et la théorie des nombres (identité de Fibonacci sur la somme de deux carrés).

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Logicien de premier plan, Gödel est célèbre pour ses théorèmes d’incomplétude (1931) qui ont bouleversé les fondations des mathématiques .
Son premier théorème démontre qu’au sein de tout système axiomatique cohérent assez
puissant (comme l’arithmétique), il existe des propositions vraies mais indécidables (impossibles à prouver ou réfuter à partir des axiomes) . Ce résultat a mis fin au programme formaliste de Hilbert visant à prouver la complétude et la cohérence absolue des mathématiques. Gödel a également contribué à la théorie des ensembles (construction des modèles constructibles, nombre de Gödel) et à la logique modale, et il a entretenu une correspondance célèbre avec Einstein.

Mathématicien polyvalent, il a apporté des contributions majeures en théorie des jeux (concept d’équilibre de Nash-von Neumann pour les jeux à somme nulle), en physique quantique (formalisation mathématique de la mécanique
quantique), et en économie. Von Neumann a surtout été le concepteur de l’architecture des ordinateurs modernes (architecture de von Neumann, 1945), fondée sur une unité de calcul, une unité de mémoire et un programme stocké . Il participa également au projet MANIAC et aux premiers développements de l’ordinateur. En mathématiques, il travailla sur l’analyse fonctionnelle, la théorie ergodique et les automates cellulaires.

Extrêmement prolifique, Erdős est l’un des mathématiciens ayant le plus publié au XX^e siècle (environ 1500 articles) . Spécialiste des mathématiques discrètes, il a résolu et posé d’innombrables problèmes en théorie des nombres (nombres premiers, conjecture d’Erdős sur les progressions arithmétiques), en combinatoire, en théorie des graphes (concept de nombre de Ramsey), en théorie des ensembles et en probabilité . Connu pour son mode de vie itinérant, passant d’un collègue à l’autre, il a collaboré avec plus de 500 mathématiciens – on mesure d’ailleurs la « distance d’Erdős » pour s’amuser de sa prolificité. Sa vision très compétitive des mathématiques a laissé de nombreux problèmes célèbres (dont certains non résolus, dotés de primes financières).

Mathématicien de la seconde moitié du XX^e siècle, il a révolutionné l’algèbre et la géométrie algébrique. Cofondateur du groupe Bourbaki, Grothendieck a introduit des concepts abstraits unifiant de larges pans des mathématiques : théorie des catégories, schémas, topos, $K$-théorie algébrique, etc. . Ses travaux (avec Jean Dieudonné) aux Éléments de géométrie algébrique ont refondu la géométrie algébrique sur des bases axiomatiques solides, permettant de résoudre d’anciennes conjectures (par ex. les conjectures de Weil sur les fonctions zêta locales) . Lauréat de la médaille Fields (1966), il s’est ensuite retiré en Ardèche pour vivre en marge du monde académique.

Mathématicien britannique, il est entré dans l’histoire en démontrant en 1994 le dernier théorème de Fermat, resté ouvert pendant plus de 350 ans . Pour y parvenir, Wiles a prouvé une partie de la conjecture de Taniyama-Shimura en théorie des nombres, établissant un lien profond entre courbes elliptiques et formes modulaires. Son résultat a été publié en 1995 après relecture et a ouvert de nouvelles voies en arithmétique. Il a reçu de nombreuses distinctions pour cet exploit (Prix Abel, médaille royale, etc.), et son travail a mis en lumière la puissance des méthodes modernes de la géométrie algébrique et de la théorie des nombres.

Mathématicien russe aussi brillant que discret, il a résolu en 2002–2003 la conjecture de Poincaré, l’un des problèmes du millénaire, en développant la théorie de Richard Hamilton sur la courbure de Ricci des variétés . Ses trois articles en ligne ont démontré la conjecture (ainsi que la conjecture plus générale de géométrisation de Thurston) en combinant analyse géométrique et topologie . Perelman a refusé la médaille Fields qui lui était décernée en 2006 pour cette avancée, de même que le prix du Millénaire associé, préférant se retirer de la communauté mathématique. Sa preuve de la conjecture de Poincaré est considérée comme un des plus grands accomplissements mathématiques du début du XXI^e siècle.

Classification des mathématiciens par pays

Découvrez les mathématiciens classés par pays, pour mieux comprendre l’apport de chaque nation à l’histoire des mathématiques. Cette approche met en lumière la diversité des écoles, des idées et des influences à travers le monde.

Thalès de Milet, Pythagore de Samos, Euclide d’Alexandrie, Archimède de
Syracuse, Ératosthène de Cyrène, Apollonius de Perge, Hypatie d’Alexandrie (d’origine grecque). Ces savants de l’Antiquité grecque ont fondé la géométrie et posé les bases de l’arithmétique et de l’algèbre classiques.

Aryabhata, Brahmagupta, Bhaskara I et II (autres mathématiciens indiens médiévaux),
Srinivasa Ramanujan. L’Inde a grandement contribué à l’astronomie mathématique, à la
trigonométrie (notions de sinus/cosinus), à l’introduction du zéro et du système décimal, ainsi qu’à la théorie des nombres (Ramanujan).

Muhammad Al-Khwarizmi, Omar Khayyam, Al-Kindi, Al-Kashi, Ibn al-Haytham (autres savants de l’Islam médiéval). La Perse et le monde islamique ont été le berceau de l’algèbre (terme même issu d’« al-jabr »), de l’adoption des chiffres indo-arabes et de nombreuses avancées en algèbre, trigonométrie et géométrie au Moyen Âge.

Leonardo Fibonacci, Gerolamo Cardano, Niccolò Tartaglia, Joseph-Louis Lagrange (né italien), Maria Gaetana Agnesi. L’Italie de la Renaissance a vu l’essor de l’algèbre (résolution des équations de degré 3 et 4), de la géométrie (Pacioli, Tartaglia) et a produit Fibonacci au Moyen Âge qui introduisit la numération moderne en Europe.

René Descartes, Pierre de Fermat, Blaise Pascal, Adrien-Marie Legendre, Augustin Cauchy, Joseph Fourier, Sophie Germain, Pierre-Simon de Laplace, Joseph-Louis Lagrange (d’adoption), Henri Poincaré, Évariste Galois, Alexandre Grothendieck. La tradition française est riche, depuis l’invention de la géométrie analytique et de la probabilité par Descartes/Pascal, jusqu’aux contributions en analyse, algèbre et topologie aux XIX^e–XX^e siècles (Cauchy, Galois, Poincaré, Grothendieck).

Gottfried W. Leibniz, Carl F. Gauss, Bernhard Riemann, Georg Cantor, David Hilbert, Amalie Emmy Noether. L’école allemande s’est illustrée en algèbre (Leibniz co-inventeur du calcul, Noether en algèbre moderne), en théorie des nombres et géométrie (Gauss, Riemann), en logique (Hilbert, Cantor). L’Allemagne fut au centre de la recherche mathématique à la fin du XIX^e et début du XX^e siècle (université de Göttingen).

John Napier (Écosse), Isaac Newton, Ada Lovelace, Alan Turing, Andrew Wiles. Le Royaume de Grande-Bretagne a vu naître Newton (calcul et gravitation), de grands logiciens et pionniers de l’informatique (Lovelace, Turing) ainsi qu’un théoricien des nombres contemporain (Wiles). On peut aussi citer George Boole (Angleterre, algèbre booléenne) ou G.H. Hardy.

Leonhard Euler, Jacques et Johann Bernoulli (famille d’origine bâloise). La Suisse du
XVIII^e siècle a donné plusieurs esprits majeurs : Euler, l’un des plus prolifiques de tous les
temps, et les Bernoulli, qui ont contribué au calcul différentiel et à la théorie des probabilités.

 John von Neumann, Paul Erdős. La Hongrie a produit des mathématiciens de premier
plan au XX^e siècle, particulièrement actifs en mathématiques appliquées (von Neumann pour l’ordinateur, l’économie) et en mathématiques combinatoires (Erdős et ses innombrables problèmes en graphes et théorie des nombres).

Sofia Kovalevskaya, Andreï Kolmogorov, Grigori Perelman. La Russie (et URSS) a été fertile en mathématiciens au XX^e siècle : Kovalevskaya (analyse, première femme professeure), Kolmogorov (fondateur de la théorie moderne des probabilités) et Perelman (qui a brillamment résolu la conjecture de Poincaré).

Zu Chongzhi, Liu Hui. La Chine ancienne a développé tôt des mathématiques avancées (le Suan Shu Shu, les Neuf Chapitres). Zu Chongzhi, au V^e siècle, calcula π avec une précision inégalée pendant 800 ans (≈ 3,1415926) , et la Chine a connu des mathématiciens brillants en algèbre bien avant l’Europe (méthode du pivot de Gauss utilisée dans les Neuf Chapitres).

Le Maroc a vu émerger plusieurs mathématiciens majeurs qui ont marqué l’histoire des sciences. Au XIIIᵉ siècle, Ibn al-Bannā al-Marrākushī a structuré l’arithmétique, l’algèbre et l’astronomie, tandis que Abu Ali al-Ḥasan al-Marrākushī a diffusé les savoirs en trigonométrie et astronomie en Afrique du Nord et en Andalousie. À l’époque moderne, Jamila Abitar a joué un rôle clé dans l’enseignement supérieur. D’autres savants comme Ibn Ghāzī al-Miknāsī et Ibn al-Yasamīn ont enrichi durablement la tradition mathématique maghrébine.

L’Algérie a donné naissance à des mathématiciens de premier plan, du monde médiéval à l’époque contemporaine. À la fin du XVIᵉ siècle, Ibn Hamza al-Maghribī s’illustre par son traité Toḥfat al-a‘dād, où il explore des méthodes de calcul originales, parfois rapprochées des logarithmes. À l’ère moderne, Yousef Saad a profondément marqué le calcul scientifique avec l’algorithme GMRES, tandis que Zoghman Mebkhout s’est imposé en géométrie algébrique et théorie des D-modules. Ensemble, ils illustrent la richesse et la continuité de la tradition mathématique algérienne.

La Tunisie a vu émerger des mathématiciens et mathématiciennes de premier plan. Fatma Moalla fut une pionnière, première Tunisienne agrégée et docteure en mathématiques, spécialiste de géométrie différentielle et figure majeure de l’enseignement supérieur. Hajer Bahouri s’est imposée internationalement par ses travaux en équations aux dérivées partielles et analyse harmonique. Ridha Bouzelmat, algébricien reconnu, a joué un rôle essentiel dans la formation et la promotion des mathématiques, notamment à travers les olympiades. Ensemble, ils illustrent la vitalité durable des mathématiques tunisiennes.

La Libye antique et médiévale a joué un rôle important dans la transmission des savoirs mathématiques. La Cyrène antique fut le berceau de Ératosthène et de Synésios de Cyrène, élève d’Hypatie, qui contribua à diffuser la science alexandrine. Plus tard, Jabir ibn Aflah Al-Ishbīlī, installé à Tripoli en fin de vie, marqua l’astronomie et la trigonométrie sphérique, influençant durablement les savants européens. Ces figures illustrent le rôle de carrefour intellectuel de la région libyenne.

Le Nigeria a produit une génération exceptionnelle de mathématiciens qui ont structuré la recherche africaine moderne. Chike Obi, pionnier des équations différentielles, et Adegoke Olubummo ont fondé l’école mathématique nigériane, rejoints par James Ezeilo, spécialiste des systèmes dynamiques. Grace Alele-Williams et Olabisi Ugbebor ont ouvert la voie aux femmes en mathématiques. Des figures comme Aderemi Kuku, Alexander Animalu et Victor Olunloyo illustrent la diversité et l’influence durable des mathématiques nigérianes.

Le Ghana a vu émerger des scientifiques de haut niveau ayant marqué les mathématiques et la physique africaines. Francis Kofi Allotey, premier Ghanéen docteur en sciences mathématiques, s’est illustré par le formalisme d’Allotey en physique des plasmas et par son rôle majeur dans la construction d’institutions scientifiques. Daniel Akyeampong a contribué à la relativité et à la physique théorique tout en œuvrant pour la recherche panafricaine. À l’époque contemporaine, Eunice Fouzia Omari incarne la relève par ses travaux en algèbre numérique et son engagement pour les femmes en sciences.

La Côte d’Ivoire a vu émerger des figures marquantes des mathématiques africaines. Josephine Guidy Wandja, première femme d’Afrique francophone docteure en mathématiques, s’est distinguée par son engagement dans l’enseignement, la vulgarisation et la promotion des femmes en sciences. Georges Atioukou a contribué à l’analyse numérique et au développement universitaire, jouant un rôle clé dans la formation des jeunes chercheurs. Ensemble, ils incarnent les fondations et l’essor progressif des mathématiques en Côte d’Ivoire.

Le Sénégal compte plusieurs mathématiciens et mathématiciennes de premier plan qui ont marqué la recherche et l’enseignement. Sophie Dabo-Niang s’est illustrée en statistique appliquée et par son engagement dans des projets de santé publique. Aïssatou Wade, spécialiste de géométrie différentielle, incarne la réussite scientifique de la diaspora et milite activement pour les femmes en mathématiques. Assane Seck, à la fois chercheur et homme d’État, a contribué aux statistiques tout en jouant un rôle clé dans le développement de l’enseignement supérieur sénégalais.

Le Bénin compte des mathématiciens de tout premier plan. Mahouton Norbert Hounkonnou s’est illustré internationalement en physique mathématique et par son rôle moteur dans la coopération scientifique africaine, notamment via la chaire UNESCO et les réseaux panafricains. Jacques Ahoussou, premier docteur béninois en mathématiques, a marqué durablement l’enseignement et la formation en analyse complexe. Ensemble, ils incarnent l’essor et la structuration des mathématiques béninoises.

Le Cameroun compte des mathématiciens de rayonnement international. Abdon Atangana est mondialement reconnu pour le dérivé fractionnaire d’Atangana-Baleanu et ses applications à la modélisation de phénomènes complexes. Thompson Kingué, figure fondatrice de l’enseignement supérieur en mathématiques, a marqué l’algèbre et la formation bilingue, contribuant durablement à la structuration de la recherche en Afrique centrale.

L’Afrique de l’Ouest francophone a vu émerger des mathématiciens engagés dans le développement scientifique et institutionnel. Idrissa Traoré, spécialiste d’analyse numérique, a contribué à la modélisation des ressources en eau au Sahel tout en jouant un rôle clé dans les politiques éducatives du Mali. Saïdou Nourou Tall, probabiliste reconnu, a dirigé l’IMSP au Bénin et formé plusieurs générations de chercheurs. Ces figures illustrent l’essor progressif d’une communauté mathématique régionale soutenue par des initiatives de coopération.

L’Afrique de l’Ouest francophone s’appuie sur des mathématiciens engagés au service du développement scientifique. Idrissa Traoré, spécialiste d’analyse numérique, a contribué à la modélisation des ressources en eau du Sahel tout en jouant un rôle majeur dans les réformes éducatives au Mali. Saïdou Nourou Tall, probabiliste reconnu, a dirigé l’IMSP au Bénin et formé de nombreux doctorants en mathématiques pures. Ensemble, ils illustrent la montée progressive d’une communauté mathématique régionale soutenue par des initiatives de coopération et de formation.

L’Afrique centrale compte des mathématiciens de rayonnement international. Philibert Nang, spécialiste d’algèbre homologique et de théorie des catégories, a marqué l’histoire scientifique africaine en devennant le premier Africain lauréat du Prix Ramanujan de l’ICTP. Gaston Maoundonodji N’Guerékata, reconnu pour ses travaux en analyse harmonique et équations différentielles, a renforcé la recherche en Afrique centrale grâce à des concepts originaux et à son engagement académique international.

L’Afrique de l’Est a vu émerger des mathématiciens qui ont marqué à la fois la recherche et la vie publique. George Saitoti, spécialiste de topologie algébrique, fut l’un des premiers docteurs en mathématiques du Kenya avant de servir son pays au plus haut niveau politique. Verdiana Masanja, pionnière en Tanzanie, a contribué aux modèles stochastiques et à la promotion des femmes en sciences. Paul Mugambi, considéré comme le père des mathématiques ougandaises, a structuré l’enseignement et la recherche en analyse complexe dans la région.

L’Afrique australe a vu émerger des mathématiciens de tout premier plan. John Knopfmacher a profondément marqué la théorie analytique des nombres et structuré la recherche en Afrique du Sud, tandis que Stanley Skewes est resté célèbre pour le nombre de Skewes en théorie des nombres premiers. Hendrika Swart a ouvert la voie aux femmes professeures en mathématiques, et T. Esther Osei a contribué à l’optimisation et à la planification économique en Afrique australe, illustrant la vitalité scientifique de la région.

Mathématiciennes célèbres

Découvrez des mathématiciennes célèbres qui ont marqué l’histoire par leurs découvertes et leur génie. Leurs travaux ont profondément influencé les mathématiques, malgré les obstacles de leur époque.

Première femme mathématicienne documentée de l’Histoire. Voir sa description dans la section Antiquité ci-dessus. Hypatie a enseigné les mathématiques et l’astronomie à Alexandrie, écrit des commentaires sur l’algèbre de Diophante et la géométrie d’Euclide, et perfectionné des instruments scientifiques comme l’astrolabe . Son érudition et sa fin tragique ont fait d’elle un symbole de la femme de science martyrisée.

 
 
 

Première femme en Occident à avoir écrit un traité de mathématiques complet . Son ouvrage Institutions analytiques (1748) est un cours de référence sur le calcul infinitésimal et les dérivées partielles, qui fut utilisé à l’international. Agnesi y étudie également une courbe algébrique célèbre – la courbe d’Agnesi – parfois appelée injustement la « sorcière d’Agnesi » suite à une mauvaise traduction . En 1750, elle devint (symboliquement) la première femme professeure de mathématiques, nommée par le pape Benoît XIV à l’Université de Bologne .

Mathématicienne et physicienne, elle est surtout connue pour sa traduction annotée des Principia de Newton en français. Du Châtelet a aussi rédigé une Institutions de physique et apporté des réflexions sur la nature de l’énergie (précisant le principe de conservation avec $E \propto v^2$). Bien qu’aristocrate, elle dut publier anonymement certaines de ses analyses mathématiques. Son travail a contribué à diffuser et expliciter les idées newtoniennes en Europe continentale.

 
 
 

Autodidacte passionnée, elle étudia sous pseudonyme masculin faute de pouvoir fréquenter l’École polytechnique. Germain a fait des contributions majeures à la théorie des nombres : elle a démontré le théorème de Fermat pour une classe infinie de nombres premiers (dits premiers de Sophie Germain) et ses lettres à Gauss sur ce sujet ont été remarquées . Elle a également remporté le prix de l’Académie des sciences pour ses recherches en élasticité (vibrations des plaques) – devenant la première femme à obtenir un tel prix. Malgré les obstacles, Sophie Germain est reconnue comme une pionnière des femmes en mathématiques.

Considérée comme la première programmeuse de l’Histoire, Ada Byron comtesse de Lovelace a collaboré avec Charles Babbage sur son projet de machine analytique (ancêtre de l’ordinateur). Dans ses notes (1843) sur la machine de Babbage, elle a décrit un algorithme détaillé pour calculer les nombres de Bernoulli, ce qui est souvent considéré comme le premier programme informatique . Elle entrevoyait déjà les capacités universelles de calcul de ces machines, au-delà du simple calcul numérique. Ada Lovelace est devenue une icône, récompensée par l’héritage de son nom dans un langage de programmation moderne (ADA).

Première femme au monde à décrocher un doctorat en mathématiques (Université de Göttingen, 1874) et première femme professeure de mathématiques (Université de Stockholm, 1884). Kovalevskaya a apporté des contributions en analyse (équations aux dérivées partielles) et en mécanique céleste. Elle a notamment résolu un cas particulier du mouvement d’un corps rigide en rotation (dit « toupie de Kovalevskaya »). Également écrivaine, elle milita pour l’éducation des femmes. Son succès académique a ouvert la voie aux futures mathématiciennes professionnelles.

Voir description dans la section XX^e siècle. Considérée par beaucoup comme la plus grande femme mathématicienne de l’Histoire , elle a fondé l’algèbre moderne (théorie des anneaux et idéaux) et donné le fameux théorème de Noether reliant symétries et lois de conservation en physique théorique . Son influence a été immense, formant plusieurs générations d’algébristes. Noether a dû lutter pour obtenir un poste non officiel à Göttingen (elle donnait des cours sous le nom de collègues hommes) avant d’être pleinement reconnue à l’étranger (notamment aux États-Unis, à Bryn Mawr College, où elle termine sa carrière).

Spécialiste de géométrie et systèmes dynamiques, elle est la première et seule femme lauréate de la médaille Fields (distinction suprême en mathématiques) obtenue en 2014 . Ses travaux portaient sur la géométrie des surfaces de Riemann et la topologie (géodésiques sur les surfaces hyperboliques, volumes des espaces de modules). Professeure à Stanford, Mirzakhani a résolu d’importants problèmes liés aux billards mathématiques et à la théorie ergodique sur les surfaces courbes. Sa réussite a une portée symbolique forte pour les femmes et pour la communauté scientifique iranienne.

Souvent décrit comme “le dernier universaliste” , Poincaré a travaillé dans tous les domaines majeurs de la fin du XIX^e siècle. Il est co-fondateur de la topologie algébrique (analyse situs) et a proposé la conjecture de Poincaré en 1904, qui restera l’un des grands problèmes ouverts jusqu’à sa résolution en 2003 . En dynamique, il a résolu partiellement le problème des trois corps et découvert les fondements de la théorie du chaos déterministe (systèmes dynamiques non prévisibles) . Poincaré a aussi fait des contributions en théorie des nombres, en optique et en relativité restreinte (transformations de Lorentz). Il est considéré comme l’un des plus grands mathématiciens de tous les temps.

 
 
 

Les 10 plus grands mathématiciens de tous les temps

Découvrez les 10 plus grands mathématiciens de tous les temps, figures majeures qui ont transformé notre compréhension des nombres et des formes. Leurs idées fondent encore aujourd’hui les mathématiques modernes et les sciences.

Souvent qualifié de plus grand mathématicien de l’Antiquité et même de tous les temps , Archimède a jeté les bases du calcul intégral bien avant Newton/Leibniz, et ses découvertes en géométrie (aire du cercle, surface et volume de la sphère et du cylindre), en mécanique (loi de la poussée d’Archimède) et en combinatoire ont traversé les siècles. Il incarne l’esprit d’invention mathématique de l’Antiquité et son œuvre a profondément influencé les savants ultérieurs.

Connu pour Les Éléments, Euclide a structuré la pensée mathématique en introduisant l’axiomatique et la démonstration systématique. Son traité de géométrie a été l’un des livres les plus diffusés au monde pendant des millénaires . Considéré comme un des plus grands mathématiciens de l’Antiquité , Euclide a établi un modèle de rigueur logique qui reste à la base de l’enseignement mathématique et a inspiré la naissance des géométries modernes (non euclidiennes).

Père de l’algèbre, ce savant persan a durablement marqué les mathématiques mondiales. Il est l’inventeur des méthodes algébriques de résolution d’équations linéaires et quadratiques et son nom a donné le mot algorithme. La tradition persane le considère comme l’un des plus grands mathématiciens de tous les temps . Sans Al-Khwarizmi, l’Europe n’aurait peut-être pas adopté si tôt les chiffres arabes et l’algèbre, ce qui a été déterminant pour son essor scientifique à la Renaissance.

Génie universel, Newton est à la fois un physicien hors pair et un mathématicien de premier plan. En mathématiques pures, il a co-inventé le calcul différentiel et intégral, développé les séries infinies et le binôme généralisé, et résolu de nombreux problèmes d’analyse. Son inclusion parmi les plus grands est indiscutable étant donné l’impact fondamental de ses travaux sur la science en général . Son oeuvre lie de manière exemplaire mathématiques pures (calcul) et appliquées (lois physiques).

 
 
 

Esprit encyclopédique, Leibniz a rivalisé avec Newton dans la création du calcul infinitésimal et a proposé des notations qui ont fait la force de ce nouvel outil . Il a aussi imaginé la machine à calculer binaire, préfigurant l’ère de l’ordinateur. Considéré comme l’un des plus grands mathématiciens de l’histoire , il a posé les jalons de la logique formelle et rêvé d’un “langage universel” des mathématiques. Son influence s’étend de l’analyse aux bases de l’informatique et à la philosophie des sciences.

Euler est souvent cité comme le plus prolifique et l’un des plus brillants mathématiciens ayant jamais existé . Ses contributions tentaculaires (analyse, théorie des nombres, géométrie, théorie des graphes, etc.) et la clarté de ses expositions ont façonné les mathématiques du XVIII^e siècle et au-delà. Il a résolu des problèmes que personne n’avait su traiter avant lui (comme le problème des sept ponts de Königsberg, donnant naissance à la topologie ) et standardisé le langage mathématique. Euler est le pivot entre l’ère classique et l’ère moderne des mathématiques.

Surnommé Princeps mathematicorum (« prince des mathématiciens ») , Gauss a apporté d’innombrables contributions fondamentales : de la construction du polygone à 17 côtés à la loi normale en passant par la géométrie non euclidienne et la théorie des erreurs. Sa capacité à faire progresser simultanément l’algèbre, la géométrie, l’analyse, la statistique et la physique (électromagnétisme) est sans égal. Considéré à juste titre comme l’un des tout premiers mathématiciens de l’Histoire , Gauss a influencé quasiment tous les domaines et son œuvre continue d’être une référence (par exemple, la conjecture des nombres premiers vérifiée empiriquement par Gauss a mené au théorème des nombres premiers).

 
 
 

En seulement quelques publications, Riemann a refaçonné la vision mathématique du XIX^e siècle, ce qui lui vaut d’être placé parmi les plus grands de tous les temps . Sa nouvelle géométrie courbe a directement préparé la théorie de la relativité générale d’Einstein. Son hypothèse sur la fonction zêta demeure le problème non résolu le plus célèbre. Son approche analytique des formes et des nombres a ouvert la voie à la topologie, à la théorie des nombres analytique et à la géométrie algébrique modernes. La profondeur et l’influence de ses idées, notamment l’hypothèse de Riemann, expliquent qu’il figure dans ce top 10.

Dernier savant universel maîtrisant l’ensemble des branches de son époque , Poincaré a fondé la topologie algébrique et la théorie qualitative des systèmes dynamiques (chaos déterministe). Il a presque anticipé la relativité restreinte et formulé la conjecture de Poincaré, finalement démontrée un siècle plus tard. On lui doit également des contributions en théorie des nombres et en analyse complexe. Souvent considéré comme l’un des plus grands mathématiciens et physiciens théoriciens, Poincaré se distingue par la polyvalence et la fécondité exceptionnelle de son génie.

Représentant de l’apogée des mathématiques classiques et initiateur des mathématiques modernes axiomatisées, Hilbert est célébré pour son influence structurelle sur la discipline. Ses 23 problèmes ont défini les priorités de recherche du XX^e siècle et plusieurs de ses questions restent ouvertes aujourd’hui. Il a formalisé la géométrie euclidienne, contribué de manière décisive à l’analyse fonctionnelle, à la théorie des nombres (théorème de la base de Hilbert) et à la physique mathématique (équations de Hilbert pour la relativité). Hilbert est souvent vu comme le mathématicien le plus influent du début du XX^e siècle , incarnant le passage aux mathématiques abstraites contemporaines.